La langue Picarde s'invite au Louvre-Lens

Écrit par guydubois.

le louvre lens
Le Louvre à Paris a connu Belphégor, l’Opéra a abrité des fantômes et voici que le Louvre-Lens possède déjà les siens ! Le croiriez-vous ?Le futur musée est construit sur le site de la fosse 9 de Lens, et, le puits a été mal comblé ! C’est par le conduit de l’ancien ventilateur que les fantômes régionaux vont réapparaître.


 le louvre lensIl s’agit d’une pièce de théâtre, « L’Gal’rie du Louvre » de Guy Dubois, mise en scène par Alain Lempens, écrite en français et en patois du Nord, véritable fresque historique mettant en valeur les acteurs de la culture et de l’histoire de Lens et du Bassin Minier de la région qui sera jouée le 9 décembre.

Gérard Braquette, jardinier de la ville de Lens, met la dernière main aux préparatifs de la cérémonie de la pose de la première pierre. « …Allez Gérard, au trot ! Ch’chef i va passer pour vir si y a pus d’tros. Ch’est ch’ chef d’ches tros ! Y a toudis un chef ed’ trop ! » Soudain, le mur construit pour la manifestation est ébranlé, des pierres sont descellées à la base, et un vieux mineur, pic à la main, s’extrait de l’orifice. C’est Aimable Lucas, poète patoisant lensois et mineur de fond, mort « restaplé » au fond de la mine en 1907 : il explique à Gérard qu’il a ouvert un chemin à ses compagnons. Notre jardinier, ébahi, va assister à l’apparition de nombreux personnages: Jules Mousseron, Emile Basly, Emilienne Moreau, Felix Bollaert, Stephan Kubiak parmi d’autres, surgissent de l’ « Gal’rie du Louvre » au grand désespoir de Gérard « Fallot me l’dire qu’ch’étot ichi l’arrêt d’l’autobuse d’ches mineurs, j’auros fait min mur un tiot peu pus loin ! Alors, pépère, in a fini sin poste ? Ch’est Monsieur l’ Maire qui va ête contint d’vir sin mur démoli. In s’crorot dins l’tournache de ch’ film Germinal !» Avec beaucoup d’humour, les dialogues alternent avec des chansons, des sketches et des poèmes : «Avec em’ tite pinsion, que j’touche tous les tros mos, avec mes bons d’carbon et min méd’cin gratuit, mi, j’vis dins les corons à l’ombre des terrils… » (Charles Bruchet)

Seize personnages illustres qui ont donné ses lettres de noblesse à notre région sont ressuscités par Fred Personne, Bertrand Cocq, Alain et Claudine Lempens, Bernard Béclin, René Maginelle, Jean Marc Robillard, Marie-Laurence Delille, René Selliez, Marcel Decroix, Henri Dudzinski et Chti Robert.Cette originale saga historique est illustrée de neuf projections de documents historiques relatant les mines de Lens, la guerre 14-18, la catastrophe de Courrières et les œuvres des artistes locaux.

Depuis six mois l’équipe travaille d’arrache-pied pour réussir cette co-production de la Ville de Lens et de l’association Mémoire du Fond : décors de Didier Delplace, costumes de Marie-Thérèse Fauquenoy, support visuel par Boris Kolota et répétitions sur la scène de la salle Dancoisne à Haisnes les La Bassée. Comme dit Gérard : « Bin que ju ! Faut toudis saquer d’dins ! »…Ce n’est pas tous les jours que l’authentique culture chti est associée au Louvre !

Guy Dubois

Si té veux in savoir plus, lis La Voix du Nord du 17.06.2012. Rubrique « Parlaches »